16 pistes de propositions concrètes pour sauver le Rugby

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Après les tragiques événements de l’été, pour ouvrir le débat sur ce site, nous relayons in extenso les propositions de Florian Grill président de la Ligue Île de France de Rugby. Tous vos commentaires sont les bienvenus et nous les intégrerons à nos propositions.
Photo: Alainalele1 licence Creative Commons (CC BY 2.0)

16 pistes de propositions concrètes pour sauver le Rugby

Quelques jours après le décès de Louis, après celui d’Adrien et d’autres à l’étranger, l’heure est bien sûr à la peine.

Mais cette peine immense et les pensées pour les familles ou les clubs ne doivent pas nous empêcher d’ouvrir grand les yeux sur la multiplication des accidents et des commotions dans notre sport adoré.

La douleur est encore présente mais ce serait une faute d’attendre pour prendre des décisions. Il est urgent d’agir avec des mesures concrètes pour sauver notre sport.

Le 31 août prochain se tiendra un Comité directeur de la FFR. Je compte bien y porter quelques propositions ou pistes de réflexion pour lutter contre les commotions cérébrales et la violence dans notre sport que je résume ci-dessous pour les partager avec le plus grand nombre et recueillir les avis de chacun :

1 – De l’Ecole de Rugby aux seniors, prôner un « rugby de mouvement » fait de passes et d’évitements versus un « rugby fait uniquement de collisions ». Le rugby de mouvement est notre histoire mais aussi notre avenir. Depuis 4 ans nous nous battons pour l’imposer en Ile de France dans les écoles de rugby, et ça marche. Il faut en faire le projet de jeu de tout notre rugby et pas seulement dans les Ecoles de rugby.

2 – Utiliser la surface médiatique du Top 14 et de la Pro D2 en négociant avec les diffuseurs et via la LNR des spots publicitaires qui montrent que le rugby pratiqué dans les écoles de rugby est maintenant ce rugby de mouvement. Conduire la même négociation avec les diffuseurs de matchs de l’Equipe de France.

3 – Interdire et sanctionner durement les plaquages qui ne seraient pas en dessous de la poitrine.

4 – Durcir l’application des règles de l’arbitrage et notamment lors des déblayages dans les rucks.

5 – Systématiser dans toutes les catégories des formations au plaquage et notamment en ce qui concerne le placement de la tête lors du plaquage.

6 – Interdire les casques qui rassurent et poussent même à plus d’engagement physique, mais ne protègent aucunement des commotions cérébrales.

7 – Réfléchir à une limitation du poids total d’une équipe d’une part, mais aussi de son 8 de devant d’autre part, pour éviter le syndrome du « toujours plus physique » avec des avants qui finiront par dépasser les 900 kilos, et des 3/4 qui suivent le même chemin. (Un ami me disait même que cela pourrait ajouter du sel tactique pour un entraineur qui déciderait d’avoir un pilier de 130 kilos mais serait dès lors contraint de choisir par exemple une 3ème ligne plus légère).

8 – Mettre en place des catégories de poids chez les jeunes comme c’est le cas dans certains pays à l’étranger (Nouvelle-Zélande).

9 – Communiquer largement sur le sujet des commotions cérébrales et ne pas se cacher derrière son petit doigt. Les familles sont parfaitement au courant des risques pour leurs enfants et ce n’est pas en dissimulant la vérité que nous progresserons. C’est au contraire en affrontant la vérité en face et en prenant des mesures concrètes largement communiquées que nous rassurerons les familles.

10 – Faire toute transparence sur le nombre de blessures et de commotions dans toutes les catégories et les communiquer à tous et toutes sur une base trimestrielle.

11 – Communiquer largement auprès des éducateurs et entraineurs sur le dopage qui permet d’assumer des charges d’entrainement plus forte ou de progresser physiquement de manière excessive, avec aussi le risque induit de plus de commotions et de blessures. En Ile de France nous avons publié des dossiers de sensibilisation sur les dangers des hormones de croissance, de l’EPO, du cannabis etc. Ils sont à la disposition de tous et prioritairement des dirigeants et entraineurs pour des réunions de prises de conscience avec les pratiquant(e)s.

12- Consacrer chaque année et dans chaque département une journée de sensibilisation au médical, pour parler des commotions cérébrales et du dopage, en prenant le temps nécessaire pour que ces sujets ne soient pas noyés dans une journée sécurité plus globale.

13 – Se poser la question d’une interdiction des compléments alimentaires qui sont trop souvent le premier degré d’une progression physique « non naturelle ».

14 – Former les éducateurs et entraineurs aux questions de dopage. Ils sont les principaux influenceurs de nos jeunes et doivent leur ouvrir les yeux.

15 – Augmenter le budget de la lutte antidopage et multiplier les contrôles chez les seniors mais aussi chez les jeunes.

16 – Faire pratiquer le rugby à 5 au plus grand nombre (et notamment aux spectateurs à la fin des rencontres) pour diffuser la culture d’un rugby de passes et d’évitement et montrer le plaisir qu’on peut y prendre tout en faisant comprendre la complexité de l’arbitrage.

Dans l’histoire, notre rugby a su faire face. Nous sommes par exemple parvenus à endiguer les blessures en mêlée en changeant les règles de celles ci et en tenant bon devant la levée de bouclier de l’époque.

Il n’y a pas de fatalité à condition d’affronter les problèmes de front et d’accepter de travailler avec toutes et tous, en acceptant d’écouter ceux qui pensent autrement car le rugby n’appartient à personne.

Merci à mes amis Facebook de partager ce post mais aussi et surtout de le commenter et le compléter.

Ce premier jet de propositions ne demande qu’à être amendé en vue du Comité directeur de la FFR dans moins de 20 jours.

Nous n’avons pas d’autre solution que d’agir et l’avis de tous sera plus qu’utile.

Je compte sur vous.